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Je ne veux pas disparaître !

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La semaine dernière, des femmes du XVIII° arrondissement au Nord Est de Paris, quartier Chapelle-Pujol, ont fait parler d’elles. Un premier journal, le Parisien, a mis en exergue le harcèlement de rue dont font l’objet ces femmes.

S’en est suivi un déferlement médiatique sans précédent…

Quartier Chapelle Pujol

Initialement, ce quartier de Paris était un lieu de vie multiculturel, chamarré et populaire dans le bon sens du terme. Vous savez ce Paris des parigots à la gouaille parisienne si bien mis en avant dans les films de Marcel Carné dans les années 30. Voir l’hôtel du nord avec Arletty ! L’action du film culte se déroulait dans le X° arrondissement proche du XVIII°.

Comme qui dirait l’autre, depuis, l’eau a coulé sous les ponts.

Premières agressions 

Au début des années 2000 : Des voleurs de portables, des vendeurs de matériels volés, des trafiquants de cigarettes, de stupéfiants, des agresseurs ( de jeunes filles en particulier), de la gène publique, une insalubrité évidente, a envahit peu à peu une seule petite place. La situation s’est gangrenée au fil du temps. C’est l’ensemble des rues adjacentes à la petite place qui est concerné dorénavant par ces nuisances civiles et publiques.

Il y a ceux qui trouvent ça normal, ceux qui votent fn, et ceux qui ne supporte plus de sortir du métro avec le stress permanent jusqu’à l’entrée de leur immeuble…et ceux qui interpellent les pouvoirs publics…dont une association : SOS La Chapelle.

SOS La Chapelle

Le collectif SOS La Chapelle a vu le jour à l’été 2016. Il s’agit d’une association laïque et non politique d’habitants et commerçants du quartier, concernés par les récentes nuisances et les insécurités grandissantes. L’objectif affiché est (Je cite) : « Objectif : saisine des pouvoirs publics pour application de la réglementation relative à l’ordre public, et rétablissement de l’égalité de traitement des citoyens face à l’obligation pour l’Etat d’assurer la sécurité de tous. »

Affichage pour alerter du harcèlement

Crédit photo : Page Facebook de SOS La Chapelle

Sensibilisations

Une campagne d’affichage a eu lien en octobre 2016 pour alerter les pouvoirs publics des nuisances récurrentes vécues par les habitants du quartier.

En novembre 2016 un plan d’action a été proposé lors d’une concertation de quartier.

3 axes importants ont ainsi été développés :

– axe 1 : Prévenir la délinquance des jeunes ;
– axe 2 : Protéger les personnes vulnérables, lutter contre les violences faites aux femmes, les violences intrafamiliales et renforcer l’aide aux victimes ;
– axe 3 : Améliorer la tranquillité publique.

Ce contrat de prévention et de sécurité d’arrondissement (CPSA) fixe les objectifs et actions à mener entre les partenaires sociaux et publics du quartier. Signé une première fois le 06 janvier 2000 (Blurps) il fait l’objet d’une refonte en 2015 (Re blurps).

La situation allant de mal en pis, l’association lance une pétition adressée à la mairie du XVIII° en novembre 2016. Cette pétition, sobrement intitulée : « Sauvons la place de la chapelle XVIII° » recueillera 371 signatures. (Re Re blurps)

Rien de rien : il ne se passe rien

Il semblerait que les pouvoirs publics interpellés à juste titre se refilent la patate chaude.

A cette insécurité croissante s’ajoute peu à peu la venue des migrants dont des mineurs isolés livrés à eux-mêmes. Avec toutes les conséquences qui bien malheureusement vont avec : toxicomanie, prostitution et violences.

Nous sommes alors au 1er trimestre 2017 : toujours rien. Rien de la part des pouvoirs publics, quasi rien dans les journaux et en gros, à part les personnes concernées tout le monde s’en fiche.

La une du Parisien 

19 mai 2017, le Parisien titre l’article suivant :

Paris : des femmes victimes de harcèlement dans les rues du quartier Chapelle-Pajol

L’article est à lire ici.

Et là, ça s’embrase, ça s’enflamme, c’est bruyant et ravageur : tout le monde y va de son petit mot !

Récupérations

L’ego surdimensionné des uns & des autres se ravive : chacun y va de son couplet :

  • Les uns traitent de démagos le journal.
    les autres traitent de racistes & fascistes les initiateurs d’une seconde pétition & d’une manifestation.
    Les uns & autres fulminent contre les bobos gauchisants.
    Les encore autres ragent contre les féministes.
    Les féministes crachent sur les racistes.
    Certains journalistes ont l’air de découvrir les faits.
    Et va-y que les pseudos spécialistes nous expliquent les chôses…de la vie.
    A noter : L’absence assourdissantes des élus.
    Les politiques s’érigent en défenseurs des droits à l’issu de la polémique !

Bref, c’est l’hallali ! Une hallali honteuse, démagogique, puante, gerbante. Honte à ces fripons. Honte à ces fossoyeurs du vivre ensemble qui ne se bougent leur cul que si le titre est racoleur, grossissant et provocateur !

Femen Paris à la chapelle

Crédit photo : Maya Angelsen

Tant mieux si à l’horizon des législatives et de cette mise en lumière quelque peu éblouissante la vie de ce quartier pouvait enfin retrouver un peu de calme.

Taper fort pour être entendu

A titre personnel, je suis outrée par ce traitement médiatique. Je constate avec amertume qu’un problème vieux de plus de 10 ans sort de la naphtaline dans lequel il était plongé pour des raisons bassement politiciennes et idéologiques.

Non aux zones de non-droit

Indépendamment de ce problème particulier, qui se doit d’être résolu, les femmes, quel qu’elles soient, n’ont pas à disparaître de nos rues. Il ne doit pas exister de zones de non-droit. Que dire de certaines banlieues, laissées en déshérence ? Les femmes doivent être libres d’aller et venir comme bon leur semble sans devoir subir des insultes, des gestes déplacées sans parler des violences physiques.

Non au harcèlement

Le harcèlement de rue est un fléau universel. La dignité n’a de sens que si chacun respecte l’autre. Les hommes et les femmes intelligents ne peuvent que s’ériger contre ces comportements intolérables. Nous ne devons pas brader notre liberté. Si nous voulons nous respecter les uns les autres, ne laissons pas l’exclusion envahir nos quartiers.

La seconde pétition de SOS La Chapelle est disponible ici :

Grâce à cette mise en lumière cette pétition remporte l’adhésion d’un grand nombre de personnes concernées par ces problèmes de harcèlement et de délinquance. Nous ne pouvons, dans un pays libre comme le notre, tolérer que perdurent ces situations invivables au quotidien.  Certains témoignages font état de couvre-feu obligé. Certaines petites filles se voient dans l’obligation de faire de grands détours lorsque qu’elles vont à l’école pour ne plus être importunées par ces malotrus.  Des grands mères n’osent plus sortir de chez elles. Bref, les témoignages abondent…

Je souhaite de tout cœur à ces habitants de retrouver une vie sereine au sein de leur quartier.

Je ne félicite pas à titre personnel les hommes et femmes politiques qui ne sont que blabla inconsistants sur cette affaire. Il y a fort à parier, que si l’un d’entre eux habitait ces rues, le problème aurait été résolu plus rapidement. La sécurité et l’égalité ne sont pas négociables. J’en conviens, la situation ne pourra pas se résoudre en claquant des doigts. Mais, à la décharge des politiques, la situation initiale pourrie est de leur fait.

A bon entendeur salut !

AVA
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2 Responses
  • Céline Online
    mai 22, 2017
    C’est tellement dingue de voir ce genre de chose dans un pays, comme tu dis « dans un pays libre comme le notre ». Les choses ne vont pas en s’arrangeant et j’hésite entre tristesse et colère…
  • Ava
    mai 22, 2017
    J’avoue qu’à la découverte des faits la colère l’a emportée contre ces hommes indignes. A l’écriture, la colère l’a emportée face aux politiques. Et puis après, mon côté modéré l’emporte, comme souvent, c’est à nous de faire bouger les choses comme on dit. En espérant que cette pétition réussisse à faire évoluer la donne…
    Merci à toi d’avoir pris le temps de lire et commenter.
    Bise

    A vous la parole

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